Merci à Simon Ksiazenicki pour sa visite et son sympathique article. Vive le champagne et vive la bière !

C’est une belle histoire comme on en entend de plus en plus, celle de deux amoureux qui ont délaissé leur vie parisienne et leur métier de bureau pour s’installer en province, au coeur de la campagne, et vivre du travail de leurs dix doigts. Ce charmant couple se compose d’Ariane Abrard, Parisienne de naissance qui travaillait dans la pub, et de Benoît Thomas, Sparnacien exilé à la capitale pour exercer ce pour quoi il a été formé, la logistique. Après plusieurs années passées à Paris, les trentenaires ont eu envie de voir autre chose. « Ça faisait longtemps qu’on voulait monter notre boîte, se lancer dans notre passion commune et quitter la région parisienne, raconte Benoît. La micro-brasserie était un excellent moyen de conjuguer ces trois envies. » En avril dernier, le couple s’est installé dans une coquette demeure, juchée sur les hauteurs de Mancy et offrant un cadre inspirant et idyllique : des vignes à perte de vue. « Nous n’aurions jamais pu trouver ça en région parisienne », admet Ariane, ravie de ce changement radical, aussi bien professionnel que personnel.

« Mettre en place un cercle vertueux »

Après avoir suivi quelques ateliers, s’être beaucoup documenté et avoir consenti à de nombreux efforts en matière de « réunions de travail » (comprenez séances de dégustation), les deux entrepreneurs ont démarré leur nouvelle aventure le 10 septembre, avec quatre bières permanentes (ambrée, blonde, brune et blanche) et une bière éphémère selon leurs envies et les saisons. « On peut produire 2 000 litres par mois, révèle Ariane. On n’ambitionne pas encore de racheter Heineken ! Pour le moment, la production est modeste mais l’objectif est aussi de ne pas trop se disperser et pouvoir assurer une production constante. » La brasserie de la Tête de chou rencontre un succès immédiat, notamment grâce à une communication très soignée et moderne sur Internet, au dynamisme et à l’abnégation du couple. « On a invité les gens de Mancy à l’ouverture, on fait des marchés de Noël, on a ouvert des ateliers (voir par ailleurs) et on démarche aussi beaucoup, mais les retombées sont immédiates donc c’est encourageant », explique Ariane. « On avait un peu peur de l’accueil, poursuit Benoît. Mais comme on aime le champagne et que les vignerons aiment la bière (rires) ! »
Il faut dire que le phénomène prend de l’ampleur. Il existerait aujourd’hui 1 000 brasseries et micro-brasseries dans l’Hexagone qui surfent notamment sur les aspirations des Français à consommer plus localement. La bière Tête de chou, elle, est produite sur place à base de malt champenois, embouteillée dans des récipients soissonnais et identifiable grâce à des étiquettes châlonnaises. Le précieux nectar est distribué chez quelques cavistes, magasins bio et bars de Reims et d’Epernay mais l’essentiel des ventes se fait à la brasserie. « On préfère favoriser les échanges sur place pour faire connaître la brasserie et échanger avec les clients, détaille Ariane. On veut favoriser la production locale en s’adressant surtout aux Champenois. On essaye de mettre en place un cercle vertueux. » La vie parisienne semble bien loin.

 

Simon Ksiazenicki
Brasserie de la Tête de Chou, hameau d’Alencourt à Mancy. Renseignements : 06 82 35 85 16 et www.tetedechou.fr.
Des ateliers pour brasser soi-même sa bière

Tous les samedis matins, la brasserie Tête de chou accueille des petits groupes de deux à quatre personnes qui apprennent pendant quelques heures l’art du brassage et mettent en pratique les conseils distillés par Ariane et Benoît. « Les gens choisissent une recette selon leurs envies qu’on fabrique ensuite, explique ce dernier. On partage, on échange, on déguste, bref, on passe de très bons moments. » Une fois la matinée achevée, les participants reviendront chercher le fruit de leur travail, trois semaines plus tard. Santé !

 

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